jeudi 26 avril 2012

La Walkyrie, version concert

Audacieuse, de la part du Théâtre des Champs Elysées, cette programmation un mardi en plein milieu des vacances de Pâques, de cette Walkyrie en version concert. Audacieuse mais réussie et fort heureuse car, à part quelques rares fauteuils vacants, la salle était pleine et le public, débarrassé des touristes, tout à fait concerné et concentré.


Côté scène, c'est la distribution (à peu de chose près) de la production de l'Opéra de Munich et son orchestre emmené par son chef Kent Nagano, qui nous transporta sur les cimes du Walhalla.

Curieusement, cet orchestre bavarois n'est pas excempt de critiques. Si l'on savoure la couleur de ses cordes (surtout les violoncelles et les contrebasses) et les belles sonorités de ses bois (cor anglais, hautbois et clarinette), les cuivres ne sonnent pas toujours très juste et manquent singulièrement de modulation. Ken Nagano a su insuffler une belle énergie au premier acte mais quelques décalages furent perceptibles au II et le tempo très lent du finale a ajouté à la rigidité des "adieux de Wotan". Cependant, sur l'ensemble de la partition, cette direction nerveuse et sèche, sans avoir la limpidité et la légèreté de celle de Jordan à l'ONP, nous emporte souvent dans ses volutes sonores dynamiques et colorées.

Débarrassée des contingences scéniques plus ou moins biscornues, fruit de l'intellect tortueux de quelques metteurs en scène, cette version concert nous ramène à l'essentiel : la musique et l'action. Et les chanteurs sauront, pour la plupart, restituer toute l'émotion que leur rôle requiert. Et vocalement, si la sensibilité de chacun des spectateurs n'a pas été touchée avec la même radiation, l'impression générale sera illustrée par les ovations enthousiastes qui saluèrent ce concert.

Pour ma part, voici crescendo, ce qui résulte de cette audition passionnée :

La chevauchée des huit soeurs de Brunnhilde - les Walkyries - ne restera pas dans les annales par cette interprétation sans nuance.

Lance Ryan n'est pas avare de décibels. Son Siegmund est "vert" et s'il ne manque certes pas de vaillance, son timbre acide et nasal ne convainc pas dans le "Chant du printemps", pas plus que dans le duo d'amour.

Duo d'amour où Anja Kampe - Sieglinde - ne fait qu'une bouchée du ténor. Sa voix est ample et la soprano séduit par la juste émotion qu'elle imprime à son personnage.

Davantage en adéquation, le Hunding terrifiant de Ain Anger qui projette glorieusement son timbre sombre et ample.

La rayonnante mezzo Michaela Schuster dose avec justesse les effets, tous les tourments de Fricka, tour à tour séductrice, jalouse, dépitée, colérique et malveillante, persuasive en tout cas. La voix est lyrique et dense, le chant très stylé.

Elle écrase de sa stature le Wotan de Thomas J. Mayer dont la voix n'est pas très percutante et manque de volume. Le timbre, un peu clair, est dénué de la profondeur nécessaire au personnage pour l'expression de sa puissance et de ses affects. Ses "Adieux" glissent sur nous sans nous attendrir, doublés par un orchestre trop lent et trop sonore à ce moment-là.


Reste celle que l'on attendait et qui n'a pas déçu. Nina Stemme est, actuellement, une des meilleures Brunnhilde. Les "appels d'entrée" sur lesquels trébuchent nombre de sopranos, parfaitement exécutés jusqu'à l'ut très sûr, le luxe du trille et le dernier ho relevé... c'est parfait !
Tout le chant est empreint d'un grand lyrisme, les phrases longuement portées dans l'ampleur du souffle, la limpidité des mots sans que les écarts de tessiture de la partition n'affectent le son toujours très coloré et souple. Son interprétation parait à certains comme rigide. J'y trouve, moi, la majesté et la vaillance de la guerrière avant qu'elle ne devienne l'amoureuse du Crépuscule. Elle sera celle-là en juillet prochain à Munich. Y déploiera-t-elle la tendre sensualité nécessaire ? A suivre...

samedi 21 avril 2012

Debussy à l'Orangerie


Un très "impressionnant" moment de peinture auquel il ne manque que le son !





Lorsque, comme Debussy (1862-1918), on "aime les images presque autant que la musique", on ne peut pas rater l'exposition "Debussy, la musique et les arts" actuellement présentée au Musée de l'Orangerie (jusqu'au 11 juin).

Parcourir cet espace, très bien mis en scène d'ailleurs, en admirant les oeuvres éblouissantes créées, en même temps que les compositions de Debussy, par Degas, Whistler, Turner, Odilon Redon, Camille Claudel... c'est partager un peu le foisonnement de cette aspiration à la légèreté, à la lumière, à l'impression des choses davantage qu'aux choses elles-mêmes. C'est avoir envie, comme ses amis, le peintre Henry Lerolle et le compositeur Ernest Chausson, de collectionner Vuillard, Eugène Carrière, Bonnard ou Maurice Denis.

C'est surfer sur "La Vague" de Hokusai, revue par Utamaro pour illustrer "La Mer" (non pas de Charles Trénet mais de Claude Debussy).


C'est rejoindre l'Antique avec les poèmes de Pierre Louÿs (Chansons de Bilitis) mis si joliment en musique par le compositeur ou passer "un après-midi avec un faune" (1894) que les pas du grand Vaslav Nijinski animeront si scandaleusement en 1912.



C'est traverser l'univers des préraphaélites en entendant "Pelléas et Mélisande" autre climat où la discrète simplicité l'emporte sur l'émotion déployée.








C'est s'emplir les yeux d'un rayonnement merveilleux en ayant en mémoire les morceaux les plus beaux de Debussy. Et comme la musique, en définitive, vous manquera, munissez-vous de votre baladeur sur lequel vous aurez enregistré vos passages favoris.





Le plaisir sera alors complet si en outre vous ajoutez avant ou après, et pourquoi pas en prélude ET en finale, un passage par les salles réservées aux "Nymphéas" pour vous gaver des bleus, des verts, des saules et des touches rosées. Il n'est pas de plus grand bonheur !!

mercredi 11 avril 2012

Des Halles au MET en passant par Le Louvre...

Encore beaucoup de choses vues et entendues depuis mon dernier article.

Je tiens à vous parler de Eliette Tardres qui rend hommage à "Notre Grande Mère" la Terre selon sa propre expression. Elle nous montre, à travers ses toiles, une terre tour à tour en failles, éclatée, en ébulition... le tout comme si nous le voyions depuis un satellite ou, pour le moins, depuis une fusée.
Des strates colorées, lumineuses ou au relief écorché, des camaïeux de bleu-vert ou de bruns dont la technique utilise le pastel, l'huile et l'acrylique mais aussi le papier, le sable, le tissu... "Mémoires de la Terre", à voir jusqu'au 14 avril à l'Institut de Physique du Globe, 1 rue Jussieu à Paris Vème.

Pour peupler les ravins de la Terre d'Eliette, on pourrait "lâcher" les toiles et sculptures de la "Beauté animale" actuellement exposées au Grand Palais. Je ne suis pas parvenue à m'extasier devant les oeuvres zoologiques de Dürer, Goya, Van Gogh, Rubens ou Géricault, pas plus que face aux rondeurs de "l'Ours blanc" de Pompon ou l'excentrique "Caniche" de Jeff Koons...

Tous ces grands noms ne suffisent pas à rendre attrayante cette exposition sur le thème duquel on aurait - il me semble - pu faire beaucoup mieux.

De l'autre côté du bâtiment, la file d'attente s'étire pour cet hommage rendu au célèbre photographe Helmut Newton qui. sévit longtemps à Paris. Deux cents clichés de celui qui révolutionna la photo de mode en se disant "voyeur professionnel". Les mannequins filiformes nus et habillés dans la même mise en scène, la mode Courrège et YSL des années 70/80. L'Art de la photographie à un haut niveau.


En photo toujours, rendez-vous aux Halles avec Robert Doisneau.
Cent cinquante clichés retracent une quarantaine d'années de l'atmosphère, la

vitalité, la gouaille au travers des "Forts des Halles", des légumes, de la viande ou des fleurs, des métiers, des passants, des cafés et des restos de ce quartier populaire. A l'Hôtel de Ville jusqu'au 28 avril. Entrée libre mais avec file d'attente !

Les critiques américains, puritains, ont beaucoup reproché le parti pris de Laurent Pelly de nous montrer une Manon avide de plaisirs faciles, sa futilité et l'argent obtenu grâce à son corps. Mais Manon est-elle autre chose, même si on pardonne tout à sa faiblesse car "par la beauté elle est Reine !" ?


Et moi, j'approuve totalement le metteur en scène et sa décoratrice Chantal Thomas qui ont créé une atmosphère un peu grise dans laquelle défilent les élégants costumes aux couleurs chatoyantes et sensuelles. Les maisons en trompe-l'oeil à échelle réduite, les rampes et escaliers, les lignes obliques et jeux d'échelle où l'on glisse... les contrastes jusque dans l'austérité de Saint-Sulpice où se déroule la scène torride de l'acte IV. C'est ce qui a le plus choqué le puritanisme
conservateur : le lit dans l'église. Mais par quel moyen Manon récupère-t-elle son amant de Chevallier si ce n'est par les sens ? Et dans la réalité, la luxure n'est-elle pas souvent proche de l'Autel ? On peut toujours se voiler la face mais la nature humaine demeure ce qu'elle est et j'approuve Laurent Pelly de l'avoir montrée ainsi.

Malgré quelques passages trop ralentis, la direction d'orchestre de Fabio Luisi est bonne. Côté chant, saluons la bonne prestation de Christophe Mortagne dans le rôle de Guillot de Mortefontaine. Plus tout jeune, son phrasé et sa diction parfaite, sa verve ont apporté la juste fantaisie qu'il fallait.


Le baryton David Pittsinger (issu de la comédie musicale) a fait forte impression dans le rôle du Comte des Grieux (père du Chevallier) et Bradley Garvin s'est bien défendu dans celui de Brétigny. Dans le cousin de Manon, Lescaut, le baryton Paulo Szot chante avec bravoure mais pas toujours avec raffinement ce personnage ambivalent et douteux.

Reste nos tourteraux : le ténor polonais Piotr Beczala possède une technique très sûre mais son chant manque d'élégance et de raffinement ; il force beaucoup dans la scène de St-Sulpice. Son timbre est d'une grande banalité mais force est de reconnaître qu'il fait tout !

Quant à la belle Anna Netrebko, quelques rondeurs ajoutées n'ont pas gâché sa beauté mais la voix s'aloudit quelque peu aussi... Il semble - à la lecture des critiques post première - qu'elle ait raté ses contre ré ce soir-là. Ce ne fut pas le cas lors de cette retransmission de samedi mais je pense qu'il va falloir qu'elle songe à évoluer vers un répertoire plus lourd (certains Verdi, Berlioz...) où la rondeur de sa voix et la belle chaleur de son timbre pourront s'épanouir bien mieux que dans ce rôle de Manon qui demande plus de légèreté, de l'agilité pour l'acte du "Cours la Reine" et une tessiture plus aérienne.


Qu'à cela ne tienne, la soprano débordait de sensualité, de passion et de séduction et malgré une prononciation approximative parfois, son timbre merveilleusement ambré nous ravit du premier au cinquière acte !



Mais assez d'égarements ! Revenons, après ce week end pascal à davantage de vertu.
Le musée du Louvre présente actuellement une magnifique exposition sur le dernier tableau de Léonard de Vinci "La Sainte-Anne". Outre la possibilité d'admirer l'oeuvre ultime du peintre, complètement restaurée, toutes les représentations de ce thème ponctuent les vingt années durant lesquelles le peintre a travaillé ce tableau, de ses dessins préparatoires "au carton de Londres" en passant par les nombreuses copies effectuées par les élèves de son atelier.


En détail également, les explication des travaux de la restauration du tableau. Sur ce même sujet, si vous ne les avez pas vues en direct, ARTE rediffuse les deux émissions consacrées au tableau et à son auteur le 14 avril à 2h55 "La vie cachée des oeuvres" et à 3h40 "Léonard de Vinci : la restauration du siècle". Si vous côtoyez Morphée à ces heures-là, branchez vos enregistreurs !

mardi 27 mars 2012

Des doubles, une Veuve, un atelier, des miniatures et La Loingtaine...

I - Miniatures Flamandes 1404-1482


La BNF (site F. Mitterrand) propose, jusqu'au 10 juin, une très importante et très belle exposition sur les maniatures flamandes du XVème siècle.
Les manuscrits sont produits sous Jean-sans-Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, les ducs de Bourgogne qui ont alors la main sur les anciens Pays-Bas méridionaux. Les foyers artistiques se situent en Flandre, Artois, Hainaut et Brabant. Les manuscrits enluminés voient le jour à Bruges, Gand, Anvers ou Bruxelles mais aussi à Hesdin, Lille et Valenciennes. L'héritage est donc commun à la France et à la Belgique, et les fonds sont partagés entre la Bibliothèque royale de Belgique et la Bibliothèque nationale de France.

De la "Vie de Catherine d'Alexandrie" aux livres de chasse en passant par les
épopées chevaleresques et les romans courtois, le meilleur de la production des meilleurs enlumineurs du moment est proposé à nos yeux émerveillés. En effet, la Cour des Ducs de Bourgogne passera des commandes tout au long du XVème siècle et les plus grands enlumineurs de l'époque produiront des manuscrits fabuleux de créativité et de richesse, des ateliers d'où sortiront des oeuvres collectives ou des techniques particulières comme la "grisaille".


La plupart des pages présentées datent pour l'essentiel des années 1404 à 1477 (année de la mort de Charles le Téméraire), les plus belles et les plus intéressantes. Après 1480, cet art dégénère rapidement, les lavis bleus ou verts meublent l'espace et le dessin devient moins précis et bien moins détaillé. Personnellement, les miniatures tardives me captivent moins. Le relais est pris par les peintres primitifs flamands entre autres, qui s'inspireront des enlumineurs.

II - La Veuve Joyeuse - Opéra Garnier le 22 mars

Après tout ce sérieux, je filai m'encanailler à l'Opéra Garnier en assistant à "La Veuve Joyeuse" de Franz Lehar. Enfin, m'encanailler, c'est beaucoup dire car la production de Jorge Lavelli (reprise) n'offre pas trop l'occasion de s'esclaffer.

La légèreté a pris du plomb dans ce grand décor abstrait et grandiloquent et ces éclairages à contre-jour qui assombrissent le devant de la scène, là où chantent les interprètes qui se trouve à l'ombre d'une lumière blafarde bien tristounette. On est loin de la fantaisie débridée d'un Pelly (oui. Encore !)

La direction d'Asher Fisch est plan-plan et la belle voix de Susan Graham a du mal, elle aussi, à alléger son chant. Alors, bien sûr, c'est très beau mais il faut bien reconnaître qu'il ne se passe pas grand chose.


En revanche, Bo Skovhus campe un Danilo virevoltant, soutenu par un beau timbre à la diction parfaite. Un vrai séducteur d'opérette !

Ana Maria Labin, Daniel Behle, Franois Piolino, Franz Mazura, Claudia Galli composent une distribution honnête et homogène. Harald Serafin n'arrive plus à chanter mais à plus de 80 ans on lui reconnaît l'interprétation scénique d'un Baron Mirko désopilant.


Seul le magnifique can-can final réussira à réveiller la salle et à nous ramener dans l'atmosphère de l'opérette ! ça c'est Paris !!

III - A Paris toujours, en plein centre, le Centre Pompidou nous entraîne, jusqu'au 18 juin, dans l'univers de Henri Matisse au travers de ses "paires et séries".


Quelques-uns des tableaux les plus connus, faits et refaits par l'artiste en deux, trois ou quatre exemplaires (voire +). Le doute, la remise en cause, l'exploration de la peinture elle-même, nous sont proposés dans toutes leurs variantes : le cadre, le dessin, la touche ou les couleurs. Une même idée plusieurs fois exprimée. L'occasion pour ceux qui ne connaissent pas de s'imprégner du cheminement du peintre. Pour les autres,le plaisir de voir ou revoir le même tableau confronté à ses doubles


IV - A ceux qui, comme moi, n'y étaient jamais entré, l'Atelier Brancusi présenté sur la Piazza du Centre (côté Rambuteau), libre d'accès, vous permettra de voir le leg fait à l'Etat Français par Constantin Brancusi, de l'intégralité de son atelier avec tout le contenu, sous réserve de le reconstituer tel qu'il se présentera le jour de son décès.

Une intéressante visite en quatre parties où sont disposées les oeuvres, les matériaux et les outils, dans l'atmosphère du créateur. Indépendamment ou en complément d'une visite au Centre Pompidou, un moment hors du temps dont l'accès, je le répète, est libre... !

V - Enfin, par ce superbe soleil printanier, c'est sur les bords du Loing et en lisière de la Forêt de Fontainebleau que je me suis rendue pour un concert à "La Loingtaine".

Le programme initial a été fortement bousculé par la défection du pianiste Alexander Taylor, malade.
Les deux jeunes solistes - Sander Geerts, alto et Yasuko Takahashi, piano - débarqués du Thalis après un concert le matin même à Bruxelles, juste quelques minutes avant le concert, nous ont joué une pièce de de Falla pour alto et piano et une oeuvre d'un compositeur belge dont je vous communiquerai le nom dès que les organisateurs nous l'auront indiqué. Ces deux oeuvres remplaçaient celles prévues initialement par le trio maison (Aki Saulière, violon, Raphael Bell, violoncelle et Alexandre Taylor, piano) à savoir le Scherzo de la sonate F-A-E pour violon et piano et la Sonate de Franck en la majeur pour violon et piano également.

Si l'on peut regretter le contretemps, je tiens à saluer le professionnalisme et les risques pris par les deux musiciens qui nous ont interprété deux oeuvres difficiles dans des conditions particulièrement périlleuses : arrivés sur les lieux dix minutes avant le début du concert pour jouer, dans une ambiance certe conviviale, mais dans une salle qu'ils ne connaissaient peut-être pas, même si elle est de petite taille.

En seconde partie, nous avons eu droit à une triple performance. La jeune pianiste Yasuko Takahashi, après seulement une petite demie-heure de répétition, jouait la réduction d'orchestre pour piano du Concerto pour violon et violoncelle de Brahms dont, vraisemblablement, elle découvrait la partition. C'est avec applomb et beaucoup de brio qu'lle a accompagné les deux solistes. La performance de ces derniers tient dans la première audition publique qu'ils donnaient de ce Concerto, avec une accompagnatrice de secours et après tous le stress qu'ont dû engendrer les avatars de la recherche d'artistes libres et compétents dans les dernières heures d'avant-concert et de leur acheminement
C'est néanmoins avec beaucoup de talent et de style, de musicalité et d'engagement que Aki Saulière et Raphaël Bell nous ont offert cette interprétation de ce Concerto..


Nous avons quitté ce lieu enchanteur dans la douceur de cette soirée ensoleillée.

dimanche 18 mars 2012

Pêle-mêle artistique

Des émotions artistiques diverses ont émaillé ces derniers jours ; en voici le récit.

Je commence par la plus récente, un merveilleux moment de musique pure, vécu lors de l'enregistrement, à Radio-France, de l'émission de Stéphane Goldet "Lettres Intimes".
La partie concert à laquelle nous assistions, mettait en miroir les quintettes pour clarinette et quatuor à cordes de W.A. Mozart et de J. Brahms, deux oeuvres majeures du répertoire.

Dans l'ambiance à la fois feutrée et fervente du Studio 106, les musiciennes du Quatuor Ardeo, plus talentueuses et plus jolies les unes que les autres (voir site avec le lien) et le jeune clarinettiste suisse Reto Bieri, nous ont offert une interprétation exceptionnelle de ces deux monuments que sont le Quintette K581 en la Majeur de Mozart et celui de Brahms op115.

Ces oeuvres sont, pour les deux compositeurs et à un siècle de distance (1789 - 1891), le résultat de leur rencontre avec un clarinettiste et de leur coup de foudre pour les sonorités de cet instrument. Chez Mozart, le catalogue est presque achevé et Brahms pensait sa veine créatrice tarie. Les similitudes ne s'arrêtent pas là car Brahms, fervent admirateur du Quintette de Mozart, cherchera à reproduire une atmosphère équivalente avec une composition de son époque.

Voilà pour l'essentiel sur les oeuvres ; vous en apprendrez beaucoup plus en écoutant l'émission des "Lettres Intimes" du dimanche 1er avril (18 h - 21 h) sur France Musique.

Pour en revenir aux interprètes, leur installation en arc de cercle avec, en son centre, le clarinettiste, a favorisé une osmose entre les instruments et entre les musiciens quasi divine. Alliée à leur talent, cette disposition leur a permis d'exposer toutes les palettes de nuances tour à tour joyeuses, facétieuses, tendres et charmeuses, douces et graves, optimistes et enlevées dans le Mozart. J'ai, pour ma part, été tellement touchée par les modulations de Reto Bieri dans la sublime cantilène du Larghetto que des larmes ont perlé à mes paupières.

Tout aussi riche fut l'interprétation du Brahms : dans l'Allegro, une succession d'exposés divers tourne autour du motif d'entrée. L'Adagio est un "Chant d'amour" que le son moelleux de la clarinette de Reto Bieri a développé en prenant des risques inouïs sur des modulations filées d'un extrême pianissimo ; j'étais en apnée ! Les deux mouvements suivants nous ont offert des variations furtives, menant mon esprit d'une idée à l'autre tour à tour pressée, fiévreuse ou nocturne pour finir. Un enchantement que je vous souhaite de ressentir lorsque vous écouterez l'émission en direct le 1er avril ou, en différé pendant un mois, sur le site de France Musique.

Difficile, après le sublime, de narrer l'à-peu-près ; encore que le moins bon soit nécessaire pour que nous reconnaissions le sublime...

L'Opéra Comique faisait "son Cinéma" le 10 mars dernier. Sur une idée (plutôt bonne) et une présentation (plutôt dynamique) de
Benoît Duteurtre, l'histoire de l'Opéra Comique défilait sur l'écran au gré des extraits de films (muets le plus souvent) illustrant le propos. Quelques airs sortis de derrière les fagots et chantés par Clémence Barrabé (soprano), Julien Dran (ténor) et Lionel Peintre (baryton) ponctuaient le tout avec plus ou moins de bonheur. La première partie fut plaisante. La seconde, une fois passée l'intervention savoureuse de Gabriel Bacquier (baryton)
qui fit les belles heures de cette scène, manqua furieusement d'intérêt et, surtout, "zappa" les années entre 1954 et 1968 comme si rien ne s'était plus déroulé dans la Salle Favart. Or, c'est à cette époque et dans ce lieu bénit que je découvris l'opéra et que presque chaque soir j'allais écouter, dans le désordre : Mady Mesplé, Michel Dens, Jean-Pierre Laffage, Monique Depondeau, Yves Bisson, Michèle Herbé, Christiane Castelli, Suzanne Sarroca, Andrée Esposito, Rita Gorr, Jacques Mars, Denise Monteil, Alain Vanzo, Albert Lance, Robert Massart, Eliane Manchet, Marie-Luce Bellary, Jane Rhodes, Christiane Eda-Pierre, Christiane Stutzmann, Michel Sénéchal... En même temps, Maurice André jouait trompette solo dans la fosse et cette scène voyait la création en France d'oeuvres comme : Zoroastre (Rameau), l'Ange de Feu (Prokofiev), la Fille du Far-West (Puccini), Lulu (Berg), etc... Bref, espérons que la prochaine édition de cette série reviendra sur cette période trop vite éludée ce 10 mars et qui remplissait la salle à 80 %, pourcentage supérieur à celui de la Comédie Française à la même époque. Le "zapping" m'est resté sur l'estomac !

Sinon, grâce à la générosité d'une amie, j'ai participé à l'inauguration de la nouvelle exposition du Musée d'Orsay : Degas et le nu. Très intéressant parcours sur "le corps comme inspiration" dans l'oeuvre du peintre, qui nous rappelle qu'il ne s'est pas intéressé qu'aux petites danseuses et qu'il a, au fil des années, enrichi sa palette (surtout ses craies à pastel) de tons surprenants, nuancés et chatoyants. Beaucoup de dessins d'études et préparations de belle qualité. Musée d'Orsay jusqu'au 1er juillet.

Enfin, le 15 mars, l'Atelier Lyrique de l'ONP nous proposait un hommage à Jules Massenet en un concert à Garnier. L'Atelier Lyrique accueille de jeunes chanteurs (25-30 ans environ) en fin de cursus. Ils sont mi-élèves/mi-professionnels et l'Atelier Lyrique leur apporte un perfectionnement, en particulier sur le chant français.

Les ouvrages choisis et la qualité des chanteurs ont présenté un intérêt variable. Pour ma part, j'ai retenu deux excellents barytons :

- le français Florian Semper qui a interprété l'air de Lescaut (Manon, acte III) avec vaillance, une voix bien timbrée et beaucoup de style.

- le polonais Michal Partyka doté d'un très beau timbre alié à un legato impeccable, des aigus vaillants et bien placés. Il a interprété, avec beaucoup de style, l'air d'Hérode (Hérodiade, acte II)


ainsi qu'une excellente mezzo-soprano française, Mariane Crebassa
qui s'est illustrée dans le rôle du Prince (Cendrillon, acte III) avec beaucoup de style, une belle ligne de chant et de beaux aigus bien timbrés.


Pour Cyrille Dubois, ténor français au volume un peu restreint, je relève les qualités suivantes : un beau style, une belle vaillance, un engagement scénique certain et un aigu sans faille dans l'air de Lentulus (Roma, acte III).

Une semaine écoulée en grande partie sous le soleil printanier et qui, bien que terminée sous la pluie, fut ensoleillée par les Quintettes avec clarinette de Mozart et de Brahms !

mercredi 7 mars 2012

Parsifal au Théâtre des Champs-Elysées


Daniele Gatti : direction




Christopher Ventris : Parsifal
Mihoko Fujimura : Kundry
Kurt Rydl : Gurnemanz
Lucio Gallo : Klingsor
Detlef Roth : Amfortas
Andreas Hörl : Titurel
Michael Laurenz, Robert Jezierski : chevaliers
Manuel Günther, Andreas Früch : écuyers
Julia Borchert, Katharina Peetz : écuyères et filles-fleurs de Klingsor
Martina Rüping, Carola Guber, Christiane Kohl,
Jutta Maria Böhnert : filles-fleurs de Klingsor
Orchestre National de France
Chœur de Radio France direction : Matthias Brauer
Maîtrise de Radio France direction : Sofi Jeannin

Puisque, pour ce Parsifal, pas besoin de parler de mise en scène (ouf !), je commence tout de suite par la direction d'orchestre.

Les options choisies par Daniele Gatti - une extrême lenteur de tempi par moments, des déchaînements tranchants à d'autres, la part belle laissée aux solistes de l'Orchestre National de France - n'appartiennent qu'à lui et donnent à l'ensemble une lecture dramatique et solennelle, très évocatrice, qui éclaire l'oeuvre d'une touche d'italianité qui peut dérouter mais livre des émotions diverses - pas toujours d'un niveau exaltant - mais forçant la réflexion.

A la limite de la rupture parfois, la lenteur alliée à des pianissimi d'une grande intimité, Daniele Gatti nous offre une exécution déroutante mais habitée.

Les Choeurs et la Maîtrise de Radio France, très bien préparés par leurs Chefs respectifs (Matthias Brauer et Sofi Jeannin), sont d'un excellent niveau. On peut regretter que les enfants aient été relégués en coulisse, sans doute pour une évocation plus céleste, mais ce qui diminue l'ampleur et le volume. Reste une interprétation sans mièvrerie.

A noter que la distribution est très proche de celle dirigée par Daniele Gatti à Bayreuth en 2011 et de celle que je verrai au Feldspielhaus en Août prochain.

J'ai trouvé les Filles-Fleurs très moyennes et manquant d'homogénéité. Sans doute la battue très lente de Gatti en est-elle la raison ?

Detlef Roth ne possède pas tout à fait le volume nécessaire au rôle d'Amfortas mais chante avec beaucoup de style. Le timbre assez banal rend difficile la force dramatique du rôle.

Lucio Gallo est un Klingsor tout à fait honnête avec un beau timbre et beaucoup de conviction. Belle ligne de chant.

Malgré son magnifique timbre sombre de contralto et le volume impressionnant de sa voix, Mihoko Fujimura ne convainc pas en Kundry. Elle s'époumonne sous la direction lente de Gatti, perdant le contrôle de sa technique vocale dans ce rôle particulièrement difficile et n'arrivant pas à donner un seul aigu potable.

Kurt Rydl a très agréablement surpris tout le monde en chantant le rôle très lourd de Gurnemanz malgré une carrière - certes brillante - mais déjà bien remplie depuis longtemps.
Une fois passées les vingt à trente premières mesures où la voix vibre, la ligne de chant se stabilise et on goûte alors ce timbre d'une très grande richesse, cette ampleur, cette élocution et ce style parfaits. Tout à fait à son aise au troisième acte, il en devient même carrément éclatant ! Châpeau Monsieur !!

Quant au Parsifal de Marc Ventris, je le trouve un "peu léger". Surtout au troisième acte où j'aurais aimé une voix plus affirmée, plus colorée, plus vaillante aussi pour coller davantage à ce personnage fort de libérateur et de rédempeur. Mais il n'y a rien à reprocher au ténor, ni stylistiquement ni vocalement.

Une belle ovation a salué les interprêtes, de la part d'un public un peu clairsemé mais à l'écoute particulièrement attentive.

dimanche 19 février 2012

Deci - delà mais... toujours de l'opéra !

Le mouvement du calendrier me semble toujours s'accélerer me laissant de moins en moins de temps pour vous faire part de mes émotions diverses et variées. Je vais donc vous en livrer, en un seul jet, quelques-unes ressenties ces dernières semaines à Londres, Fontainebleau (via N.Y.) et à Paris.

Tout commence donc de l'autre côté du Tunnel au tout début du mois. Premier concert chez nos ennemis intimes dans la très jolie salle "Wigmore Hall" pour un très agréable récital piano-chant.


La soprano Martina Jankova et la mezzo-soprano Bernarda Fink, accompagnées par Roger Vignoles, nous ont distillé de très belles mélodies de Dvorjàk, Brahms et Schumann. Les voix de ces deux chanteuses se mêlent avec beaucoup de délicatesse et .
musicalité, les deux timbres s'accordent avec un bel équilibre harmonique et beaucoup de sensibilité, bien souligné par l'accompagnement du piano joué avec le même engagement de justesse expressive.


Autre salle londonienne : The Royal Opera House
Quelques jours après une répétition générale d'un spectacle de ballets - pas de grandes chorégraphies mais l'occasion de voir danser le Corps de Ballet de Covent Garden qui vit éclore le talent de Margot Fonfeyn et dont les qualités techniques et de cohésion, sont bien préservées - nous prenions place le 3 février pour la représentation de Don Giovanni dans la mise en scène de Francesca Zambello.

Un très beau décor unique en demi-cercle, utilisé sous toutes ses faces, permettait la lisibilité de l'évolution de l'action, dans de très beaux éclairages. Comme toujours avec Zambello, des moments d'urgence intenses et une belle utilisation de l'espace. Elle dédaigne l'aspect philosophiquement sombre et dramatique pour une vision plus vive, plus mobile mais sans agitation désordonnée et une lecture distanciée et quelque peu dérisoire des agissements du plus célèbre des "tombeurs"



L'ensemble parfaitement servi grâce à une très bonne direction d'acteurs.

Vocalement, la première réflexion qui me vient est l'homogénéité. Indépendemment du rôle titre, magnifiquement interprèté par Gerald Finley - très beau timbre, style mozartien impeccable, volume et tessiture idéaux, le tout allié à un physique très avantageux dans sa belle tenue rouge... un vrai DON GIOVANNI ! - je loge dans un même concert d'éloges : Hibla Gerzmava en Donna Anna, Katarina Karnéus en Donna Elvira, Adam Plachetka en Masetto et surtout, Matthew Polenzani qui nous a enchantés dans le rôle de Don Ottavio. Légèrement en-deça de l'ensemble, la Zerline de Irini Kyriakidou, le Commandeur de Marco Spotti (insuffisant surtout au finale) et le Leporello de Lorenzo Regazzo. Bonne prestation de l'orchestre et des choeurs du Royal Opera House, emmenés par Constantinos Carydis.

Une très belle soirée à Covent Garden.

De retour à Paris, c'est dans le cinéma Ermitage de Fontainebleau que je prenais place pour la retransmission en direct de la dernière journée du Ring au MET.

En premier lieu je tiens à dire que je suis de plus en plus touchée par cette partition qui clôt cette oeuvre de Richard Wagner et qui n'est pas loin de rejoindre Walkyrie dans mon Panthéon.


Sinon, il ne fallait pas s'attendre à ce que Robert Lepage innove ici davantage que dans les trois ouvrages précédents, comme certains déçus semblaient l'avoir pensé. De la même manière que Krämer à Paris, Lepage lancé dans une idée maîtresse dont le fondement est descriptif et s'appuie sur un décor "moniteur d'images" parfois très réussies - le Rhin -, parfois moins - le finale -, ira jusqu'au bout de sa créativité. On a donc retrouvé les pâles-à-tout-faire avec plus ou moins de bonheur selon leur usage. Quelques bonnes idées : la scène des Nornes, le sang dans le Rhin, le Rhin et ses "filles", le cheval dans la première utilisation, les sillons du bois en coupe pour le Frêne dont le centre servit à Wotan pour tailler sa lance (c'est mon interprétation...)..

Alors, oui, le finale est sans conteste le moins bien réussi de cette production. Mais je n'en ai pas encore vu un vraiment réussi, celui de Chéreau à Bayreuth restant sans doute le meilleur de ces dernières decennies mais, à mon sens, pas en complète osmose avec l'impact musical et philosophique de l'oeuvre


Vocalement, je persiste et signe,Deborah Voigt était samedi, en très grande forme. Des aigus charnus et colorés, un beau legato et une belle présence scénique. Reste un médium acide et, certainement en salle, un peu court en volume.

Je persiste et signe également pour la très impressionnante prestation de Waltraud Meyer, même si tout n'est pas parfait dans sa voix maintenant ; la tension qu'elle fait peser sur scène était perceptible en salle (au moins au cinéma...) et l'on aurait entendu les ailes d'un papillon se déplier !

Le meilleur - et de loin - reste Hans-Peter König pour un Hagen d'une grande vaillance, dans un style impeccable et avec un timbre d'une immense richesse.
Le moins bon, pour moi, est le Siegfried de Jay Hunter Morris, très insuffisant vocalement et scéniquement.

Je persiste et signe également pour la très mauvaise prestation de l'orchestre : cuivres faux et couac permanents, absence de souffle surtout dans la Marche Funèbre, départs en cascade chez les cordes... On ne remerciera jamais assez Philippe Jordan et les musiciens de l'ONP pour la qualité musicale du Ring parisien.

Pour terminer, j'assistai ce mercredi au Don Pasquale de Gaetano Donizetti donné au Théâtre des Champs Elysées.
A noter la très mauvaise qualité du public de cette représentation : bruyant, inattentif et particulièrement mal-élevé - certains n'hésitant pas à s'installer à des places qui n'étaient pas les leurs avant que tout le monde ait été placé ! Je vous laisse immaginer les conditions des premières mesures de l'ouverture...

Pour ce qui est de la représentation, je suis restée sur ma faim.

Tout metteur en scène d'opéra sait que, sur un grand plateau, on ne fait pas chanter les interprètes sans décor, celui-ci réfléchissant les voix vers la salle. Or, Denis Podalydès signe une mise en place dans un espace où tout est ouvert, meublant avec une camionnette Citroen années 50 dont on ouvre ou ferme les auvents ; quelques lumières clignotantes et basta !

Une simple mise en place donc, dans trop d'espace où les voix vont se perdre. Si on ajoute à cela l'absence de réelle direction d'acteurs et la tristesse des costumes (pourtant signés Lacroix), il ne reste pas grand chose de cette pantalonnade : du "sous-sous-Pelly".

Dans la fosse, le National est méconnaissable : sans nuance, sans rythme. Le solo de trompette qui précède la sérénade est joué en coulisse, trop haut ! (sans doute n'entendait-il pas bien les autres musiciens). Cela n'a pas facilité la tâche de Francesco Demuro, ténor sarde pour la preière fois à Paris.

Et, puisqu'on en parle, parlons de la distribution... de série B
Le ténor donc : des moyens indéniables, un bel aigu, un timbre agréable sans plus et, surtout, une technique rudimentaire : manque de nuances, chante tout forte alors que ses rares piani sont jolis.
Perfectible donc, encore faut-il qu'on lui en laisse le temps...

Désirée Rancatore est tout sauf Norina. Trop de volume, technique désordonnée, des trous entre médium et aigu, timbre quelconque ; scéniquement, du métier, du charme mais complètement hors sujet.

Le Dr Malatesta de Gabriele Viviani est dans le ton de cette distribution. Un beau timbre de baryton, mais un aigu court et une diction molassonne.


Reste le Don Pasquale : Alessandro Corbelli fut un grand Malatesta. Il n'en a plus les moyens vocaux et nous livre un Don Pasquale très en retrait malgré une présence scénique drôle et savoureuse ainsi qu'une diction parfaite.

Une soirée très en deça de l'attendu et pas à la hauteur du T.C.E. Dommage !

A bientôt pour de prochaines aventures musicales.