jeudi 26 février 2026

Cherche "Onéguine" désespérément...

 Il m'a fallu un peu de temps pour analyser mon sentiment lors de cette représentation d'Eugène Onéguine la semaine dernière à l'Opéra Garnier. Pourquoi cette insatisfaction ressentie, cette sensation d'inachevé... pouquoi n'ai-je pas ressenti d'émotion - ou si peu ?

L'œuvre de Tchaïkovski n'est pas en cause, je la connais bien. Son romantisme, ses envolées lyriques, son ancrage dans la culture russe ont tout pour me séduire. 

L'Orchestre et les Chœurs de l'Opéra National de Paris, sous la baguette de Case Scaglione, ont brillamment fait résonner cette partition colorée et vibrante.

Ralph Fiennes

Peut-être la mise en scène très (trop ?) sage de l'acteur britannique Ralph Fientes a-t-elle éteint en moi tout sens critique ? Dans le décor de bouleaux, de feuilles mortes, de flocons de neige et de salons rutilants, les protagonistes évoluent dans de très beaux costumes à la mode de l'époque. Il manque à tout cela l'idée, l'étincelle, le "ptit truc" qui aurait pu enflammer ce plateau.

Bogdan Volkov
De la distribution, on peut dire qu'elle est très homogène : pas des voix exceptionnelles qui vous secouent l'âme, tous les chanteurs sont bons, chantent bien, dans le style, mais rien ne se passe...  Sauf, peut-être à deux reprises : le "Kuda kuda" de Lensky et l'air de basse, typique de l'opéra russe, du Prince Grimine. Il est cependant difficile de rester de marbre à l'écoute de ces deux mélodies, sauf à être sabordées par les chanteurs. Le ténor Bogdan Volkov et la basse ukrainienne Alexander Tsymbalyuk les servirent avec talent.
Alexander Tsymbalyuk

La jeune soprano arménienne Ruzan Mantashyan se sort des pièges des vingt minutes de l'air dit "de la lettre", sans toutefois le rendre aussi exaltant que je l'aurais souhaité. Elle incarne cependant une Tatiana à la fois attachante et déchirante. Belle voix qui s'écoute avec plaisir.

Ruzan Mantashyan

Reste le rôle titre... je ne suis, vraisemblablement, pas la seule à ne savoir qu'en dire car il n'apparaît carrément pas dans plusieurs critiques, spécialisées dans le genre, lues et relues pour être certaine de n'avoir rien loupé !

Boris Pinkhasovich

D'ailleurs, à l'applaudimètre, Boris Pinkhasovich est le moins bien servi. Il faut dire que sa froideur, son manque d'incarnation, son interprétation vocale sans relief le rendent transparent. Il est tout de même affligeant que le metteur en scène - lui-même interprète du rôle au théâtre - n'ait pas réussi à transmettre au chanteur toute l'essence de ce rôle !

Une représentation qui ne me laissera donc que peu de souvenirs.




samedi 21 février 2026

Vers les étoiles

José Van Dam


 Le grand baryton-basse belge José Van Dam a rejoint le paradis des chanteurs d'opéra. La nouvelle m'a beaucoup attristée. C'est, avec sa disparition — et celle, il y a quelques semaines, du baryton français Robert Massard qui vit les beaux jours de mes découvertes lyriques et du beau chant français — un pan entier de mes plus belles années lyriques qui s'estompe. 
Robert Massard







J'ai eu la grande chance et le bonheur de voir chanter José Van Dam à maintes reprises ; toujours élégant dans tous les styles, toujours respectueux du texte et de la musicalité, toujours soucieux de la ligne de chant... autant de qualités qui font le propre des grands chanteurs. 

La liste des rôles qu'il incarna est longue. Je me souviens, pêle-mêle

  • d'un Golaud (Pelléas et Mélisande Debussy)
  • d'un Don Quichotte (Massenet)
  • d'un Don Giovanni (Mozart)
  • d'un Méfisto (Faust de Gounod, mais il chanta aussi celui de la Damnation de Berlioz)
  • d'un Hollandais (Le Vaisseau fantôme de Wagner)
  • d'un Amfortas (Parsifal de Wagner)
  • d'un Philippe II (Don Carlos de Verdi)




et tous ceux que je n'ai pas vus comme Figaro des Noces (Mozart), Escamillo (Carmen Bizet), Hans Sachs (Les Maîtres chanteurs Wagner), Falstaff (Verdi), Simon Boccanegra (Verdi), Boris Godounov (Moussorgski), les quatre rôles des Contes d'Hoffmann, Jokanaan du Salomé de R. Strauss...

Tous si magnifiques, si majestueux, si pathétiques. Mais tous si admirablement interprétés, par ce timbre de voix si caractéristique au phrasé impeccable, à la ligne inébranlable et à la musicalité parfaite.




Je n'ai assisté, en revanche, à aucune représentation du "Saint-François d'Assise" d'Olivier Messiaen, qu'il créa en 1983. C'était trop moderne pour mes oreilles de l'époque ! Mais j'ai vu le film "Le Maître de musique" de Gérard Corbiau (1988) qui fut nommé aux Oscars de 1989.

Thomas Hampson





La dernière fois que j'entendis José Van Dam, c'était au Théâtre du Châtelet lors d'un récital de mélodies françaises dans l'interprétation desquelles il mit toutes ses belles qualités vocales au service de cet art si exigeant. Ce soir-là, non loin de moi, le baryton américain Thomas Hampson salua la performance en applaudissant debout. Tout comme moi !









vendredi 13 février 2026

Un Bal Masqué - ONP 05/02/26

Les caprices de la météo me permettent de résorber mon retard dans le partage de mes impressions artistiques de cette saison...

Après avoir eu confirmation de la distribution, c'est donc dans une salle à l'ambiance frémissante des "grands soirs" que j'ai attendu le lever de rideau sur ce Bal Masqué de G. Verdi. Créé en 1859, cet opéra vient après "Le Trouvère 1853", "La Traviata 1853", "Les Vêpres Siciliennes 1855" et "Simon Boccanegra 1857". Autant d'œuvres majeures du prolifique compositeur avec lesquelles il est difficile de la comparer. Je la trouve, pour ma part, moins enthousiasmante que ses ainées.

La mise en scène du belge Gilbert Deflo ne fait pas grand chose de cette intrigue  maintes fois remaniée pour "raison d'état" ! Les chanteurs paraissent un peu livrés à eux-mêmes dans ces décors grandiloquents dus à William Orlandi qui signe également les costumes de cette production déjà ancienne. 


L'Orchestre de l'ONP (superbe), les chœurs (toujours parfaits) et les chanteurs ont suivi la baguette dynamique et précise de la cheffe italienne Speranza Scappucci



Et cette distribution me direz-vous ? Remarquable et brillante. Les seconds rôles sont très justement et vocalement bien tenus. Christian Rodrigue Moungoungou (membre du Chœur) et Blake Denson (USA) sont à la hauteur des rôles de conspirateurs.





Le beau timbre sombre de la mezzo Elizabeth DeShong envoûte littéralement dans le rôle de Ulrica. Sa voix, ample et sans faille du grave le plus profond à l'aigu le plus vertigineux dans cette tessiture, sert à merveille une belle incarnation de la voyante. 





La soprano espagnole Sara Blanch se rit des airs acrobatiques du rôle d'Oscar, fidèle page de Riccardo. Virevoltante, la voix soutient parfaitement les aigus et la ligne de chant. Belle interprétation. 





On en arrive au trio des quinquagénaires. Ces trois-là ont frôlé les nuages, maîtrisant leur partie avec un grand talent. 




Notre Ludovic Tézier nous emporte en se jouant des pièges de la partition de ce rôle de Renato qui exige intensité dramatique, lyrisme, puissance et tenue de la voix. Le baryton français nous a donné tout cela. Magnifique !




Le ténor américain Matthew Polenzani possède une voix étendue certes, mais beaucoup trop claironnante à mon goût. Cependant, je lui reconnaît des aigus percutants, une ligne de chant impeccable même si on le perd un peu dans le grave. Son timbre très clair me gêne tout de même ainsi que son peu de présence malgré un physique avantageux et une belle vaillance. 




Je craignais un peu, pour ce rôle d'Amelia, quelques défaillances de la diva russe Anna Netrebko qui occupe les scènes lyriques depuis 1994 ! C'est avec un grand bonheur que j'ai savouré chaque phrase mélodique, chaque note filée, les graves et les aigus sans faille servis par ce timbre incroyablement rond d'un bout à l'autre de la tessiture. Sa formidable présence scénique captive l'attention dès qu'elle entre sur le plateau. On retient son souffle et on profite au maximum de l'extraordinaire chance qui nous est donnée là d'entendre ce grain moelleux dérouler pour nous tous les trésors que contient cette voix exceptionnelle. 

L'émotion nous submerge et on frissonne. Moment suspendu en ces temps si incertains... 

mardi 10 février 2026

Le très bon cru de 2026

 C’était il y a quelques semaines déjà,  devant la salle de Garnier presque remplie que les jeunes chanteurs en résidence à l’Académie de l’ONP se sont produits le mardi 20 janvier.

Titré « La Nuit et l’Amour », le programme en deux parties était particulièrement bien conçu, que ce soit par la contemporanéité des œuvres, toutes du début du XXème siècle, ou qu’il s’agisse du choix de l’enchaînement des extraits.

L’Orchestre de l’Opéra qui accompagnait les jeunes artistes était dirigé par Stéphanie Childress, cheffe franco-britannique qui fut un an en résidence à l’Académie. Le bras est sûr, la battue précise et attentive.

Côté chanteurs, on est ravis par la qualité des voix de cette cession et du, déjà, grand professionnalisme des six soprano, deux mezzo-soprano, deux ténors, un baryton et un baryton-basse.

En résidence à l’Académie depuis l’automne dernier, la soprano brésilienne Lorena Pires ouvre le concert avec un air de la cantate de Debussy « L’Enfant prodigue ». Le timbre est rond, la voix ample et l’étendue vocale large.

Le duo dit "de la fontaine", extrait de Pelléas et Mélisande du même Debussy, nous permet d'entendre Sofia Anissimova (Ukraine)et Clemens Alexander Frank (Autriche). La première, plus soprano que mezzo (pour le moment du moins), livre une belle interprétation de Mélisande, face à un Pelléas un peu mou et désincarné.

Deux scènes emblématiques des Dialogues des Carmélites  de Poulenc nous sont ensuite offertes. Celle dite "du fer à repasser" nous dévoile le timbre léger mais solide de Sima Ouahman, française d'origine irano-marocaine. La vitalité de la voix aux suraigus magnifiques s'allie à une belle présence scénique. Ce talent fait paraître un peu ternes le timbre métallique  et l'articulation paresseuse de la soprano américaine Isobel Anthony

On se retrouve ensuite dans le parloir du carmel pour le tableau qui s'ouvre sur la visite du Chevalier de la Force à sa sœur Blanche. Le ténor américano-norvégien Bergsvein Toverud possède cette voix à la fois légère et percutante qui convient parfaitement à ce rôle difficile. Avec un peu plus d'investissement de la soprano, on aurait pu y croire...

L'enchaînement Poulenc-Britten semble aller de soi. L'air de "Ellen Orford", acte 3 scène 1 de Peter Grimes, révèle toute la musicalité et la sensibilité de la soprano ukrainienne Daria Akulova.

Dans le quatuor de l'acte 2 scène 1, la belle voix de la mezzo-soprano française Amandine Portelli nous donne envie de sa prestation à venir dans la deuxième partie.

Nous retrouvons Britten après l'entracte avec Ana Oniani, soprano georgienne ; jolie voix bien timbrée, qui manque un peu de volume, pour sa prestation dans un air de The Rape of Lucretia.

Le quatuor du Songe d'une nuit d'été (A midsummer Night's Dream) se déploie, emmené par Amandine Portelli à nouveau, entourée du ténor américain Matthew Goodheart, d'Isobel Anthony et de Clemens Alexander Frank. Un très beau moment lyrique.

Nous finirons, en beauté, la soirée avec Ravel. D'abord une scène de L'Enfant et les sortilègesNeima Fischer, soprano franco-allemande, est la Princesse et la mezzo-soprano Sofia Anissimova est l'Enfant. Deux belles voix ; on aurait peut-être aimé un peu plus de présence de la part des deux interprètes. 

Luis-Felipe Sousa, baryton-basse brésilien, n'hésite pas, lui, à oser bouger pour sa belle interprétation de Don Iñigo (L'heure espagnole). Le timbre est riche, la voix ample et prometteuse (il est jeune pour ce type de voix). À suivre. 

Amandine Portelli & Matthew Goodheart


Le bonheur complet nous viendra ensuite, grâce à Amandine Portelli qui nous régalera de sa prestation dans le rôle de Concepción. Le timbre est rond et riche, l'ampleur et la tessiture généreuses, le tempérament et l'incarnation énergiques, le volume étendu. Elle est jolie aussi... On devrait la revoir très bientôt sur nos scènes.

Une belle soirée lyrique qui nous rassure sur la qualité de la relève !


jeudi 20 novembre 2025

Data center et autres fadaises

Wotan/Elon mène la danse macabre de la première journée de la Tétralogie de Richard Wagner à Bastille.

Calixto Bieito loge en effet le dieu des dieux dans un datacenter où l’IA et les robots dirigent les survivants de l’apocalypse qui ne sortent plus sans masque à gaz ni bouteille d’oxygène car l'explosion a eu lieu… Pourquoi pas ?... sauf que les invraisemblances, les décors et costumes moches et les parti-pris plus ou moins douteux dans lesquels se perd le narratif du metteur en scène n'apportent que la colère et le rire. Vous l’avez compris, je ne sauverai sous aucun prétexte la production scénique de cette Walkyrie.

En revanche, gloire à la musique et aux interprètes !

Avec Pablo Heras-Casado, l’orchestre de l’ONP est maintenu, même s’il parvient à le faire sonner dans les grands élans wagnériens. Il se perd un peu dans des délicatesses moins bien maîtrisées par moment, avec un peu de lenteur aussi.

La Fricka de Ève-Maud Hubeaux défend les lois de la famille avec un beau mezzo ample et très sûr.


Günther Groissböck a toute la mâle assurance d’un Hunding maître chez lui et revanchard. Belle voix sonore et bien colorée.

Tamara Wilson, bien qu’affublée d’une robe à crinoline vaporeuse et arrivant sur un bâton-cheval, vite transformée en catcheuse, rend une très belle incarnation à Brünnhilde. D’un bout à l’autre de la tessiture, la voix conserve son timbre lumineux jusque dans les suraigus.

James Rutheford, remplaçant, n’a pas toutes la présence d’un grand Wotan. Il ne parvient que difficilement à nous émouvoir dans ses adieux à sa fille chérie. Il faut reconnaître que dans le naufrage de la mise en scène, la tâche est immense !

Elsa van d’en Heever nous offre une Sieglinde enfiévrée d’amour pour son jumeau. Beaucoup de critiques l’ont encensée. Personnellement, je trouve la voix très belle, le timbre chaleureux dans toute sa tessiture haute. Je remarque quelques faiblesses dans le médium et le grave qui ne passent pas la fosse. En revanche son engagement scénique est absolu.


Pour ce qui me concerne, la palme de cette soirée revient, incontestablement, au ténor français Stanislas de Barbeyrac. Ce chanteur est passé, avec le même talent et le même bonheur, d’un grand ténor mozartien à un superbe ténor wagnérien. Le phrasé, l’ampleur, l’étendue vocale, le souffle, la chaleur du timbre… alliés à une présence, une incarnation et une émotion incroyables en font un Siegmund de grande classe. Je n’avais pas idée que ce chanteur que j’ai vu débuter dans Tamino deviendrait ce magnifique Heldenténor. Et là, les critiques sont unanimes !!!

jeudi 15 février 2024

Winterreise et Saint-Valentin

 Opéra Comique hier soir 14 février ; était-ce le bon endroit et le bon concert pour ce soir-là ?

Eh bien oui, trois fois oui ! Même si d'aucuns pensent que c'est trop sérieux, voire trop triste... C'est si beau !

Certes ce magnifique voyage romantique nous conduit vers la mort. Certes, la plupart des poèmes expriment une bien lourde mélancolie. Certes... mais que cette douleur est belle !


Salle remplie, bruissante le temps de se placer. Notre regard caresse le très beau piano Pleyel de 1837 trônant sur le praticable recouvrant la fosse d'orchestre, l'atmosphère où se mêlent la fébrilité et le bonheur de cet instant durant lequel on attend les intervenants. "Sauront-ils répondre à notre attente ? Le charme attendu opèrera-t-il ?"




Et puis Alain Planès et Stéphane Degout entrent ; ils saluent. Et c'est parti pour les vingt-quatre lieder, vingt-quatre poèmes écrits par Wilhelm Müller et que Franz Schubert a si magnifiquement mis en musique. 

D'emblée, on est en état de grâce. Stéphane Degout, dont c'est la "première fois"  distille en mode "mezzo voce" , en confidence, le premier lied "Gute Nacht" D'emblée, on sait que nous sommes embarqués pour ce voyage et que l'on va frémir d'émotion tout au long. Et, en effet, tout au long du cheminement, la voix du baryton se déploie, est tour à tour caressante, enveloppante, bienfaisante ou prend toute l'ampleur nécessaire comme pour "Erstarrung". Pour ce qui est du texte, celle qui partageait ce bonheur - maternellement élevée dans la langue de Goethe - a affirmé que notre chanteur français n'a jamais écorché les mots des poésies si bien interprétées. Tout en intériorité, le baryton nous a menés jusqu'au "Der Leiermann" (le joueur de vielle) où tout s'achève, en mode apaisé, dans une infinie tristesse.


Si le son du Pleyel nous a quelque peu surpris lors du premier chant, nos oreilles se sont accoutumées bien vite à sa sonorité charnue, à la fois ronde et un peu âpre. Nous avons, ainsi, bien profité de toute le talent d'Alain Planès qui sut, en dépit de quelques petites erreurs, le faire sonner, vibrer, en cadence ou dans de beaux "legato", soutenant, rythmant ou éclairant le chant du baryton. 

Winterreise est souvent un grand moment. Celui de cette Saint-Valentin fut un réel enchantement !



samedi 28 octobre 2023

Et on a perdu la Musique !

 J'ai beau essayer, je ne parviens pas à modérer le courroux qui m'a envahie mardi soir en assistant à la représentation de Lohengrin à l'Opéra Bastille.

Ce vif sentiment de colère n'a cessé de monter en moi au fur et à mesure que je subissais la mise en scène de l'opéra de Richard Wagner, réalisée par Kirill Serebrennikov. Dès les premières mesures du Prélude où la légère harmonie des violons et des flûtes est censée nous élever dans un monde apaisé, loin des réalités, il nous est infligé la virulence d'images vidéo de combats guerriers, les mêmes qui déferlent actuellement dans nos journaux télévisés... 

On a, j'ai depuis longtemps maintenant, pris mon parti des "relectures" que nous imposent des metteurs en scène à l'opéra. Tant que mon confort d'écoute n'est pas perturbé, j'y suis indifférente. Que l'action scénique ne soit pas l'action du récit (et c'est parfois très réussi) est devenu chose tellement courante qu'on, que je n'y prête plus attention. Tant que je peux jouir du talent des chanteurs et de l'orchestre, je néglige les élucubrations scéniques. J'ai, sans avoir eu besoin de l'explication de texte recommandée avant spectacle, compris que cette pauvre Elsa (déjà pas l'héroïne la plus folichonne de l'œuvre du compositeur) avait perdu toute raison et, de ce fait, était prête à se faire embobiner par la méchante Ortrud, transformée en infirmière psychiatrique.

Là où c'est problématique, c'est lorsque l'agitation perpétuelle (vidéos sur panneau supérieur, triplement des personnages par des danseurs en mouvement permanent, déplacements d'une zone à l'autre - il y en a 4 -)  des personnages dans tous les coins de la scène, cette agitation, donc, exerce une tyrannie telle que l'esprit, trop sollicité, ne peut plus écouter la musique. Il l'entend, en fond sonore, comme au supermarché. Quant au texte, si important chez Wagner et à moins d'en comprendre parfaitement chaque mot en allemand, il est tellement déconnecté du contexte qu'on n'en a plus rien à faire puisqu'on ne peut trouver le temps de le lire...

Le deuxième acte casse le propos initial en ne traitant que l'obsession du metteur en scène pour la guerre. Il reste 3 zones : une pour les soldats valides, une pour les blessés de guerre, la dernière pour les morts dont les corps nus se lèvent pour rejoindre on ne sait quel abîme. 

Après ces deux actes surchargés, le dernier ne pouvait être que "plat". D'autant que son dénouement n'appelle qu'à un grand calme qui nous ramène au propos originel. On peut, je peux enfin entendre et écouter Piotr Beczala nous révéler, merveilleusement, l'identité de Lohengrin ! 

Je rends hommage à tous les chanteurs qui ont, tant bien que mal, réussi à distiller
un peu d'émotion dans tout ce fatras indigeste d'images et d'animation. Grâce soit rendue, aussi, à l'Orchestre de l'Opéra de Paris, d'avoir si bien "accompagné", sous la baguette d'Alexander Soddy, cette débauche de grandes manœuvres. 

dimanche 18 décembre 2022

La force du talent...


Dès le hall d'entrée où s'engouffrait un air glacé comme venu des steppes, régnait - bien avant de pouvoir accéder à la salle - l'ambiance électrique des grandes soirées lyriques. Une effervescence palpable par les amateurs de longue date comme moi...

Son nom courrait sur toutes les lèvres. Chantera ? Ne chantera pas ?... les plus sombres rumeurs circulaient : "puisqu'elle n'avait pas chanté lors de la Première, elle n'allait pas chanter les suivantes !". On conservait, tout de même secrètement, un petit espoir.

Jusqu'à l'entrée du Chef d'Orchestre dans la fosse, je m'attendais à voir "se pointer" discrètement, à l'avant-scène, l'homme au micro, messager des mauvaises nouvelles. Mais le rideau s'est finalement levé et elle était là, bien présente, quelque peu amincie m'a-t-il semblé. Je doutais encore de cette chance insolente lorsqu'elle a lâché les premières notes. Et là, je me suis calée dans mon fauteuil avec un grand soupir d'aise... "Comme ça de qui je parle ? mais d'Anna Netrebko bien sûr !"

C'était à Bastille jeudi soir pour une représentation de
La force du destin de G. Verdi.

Tout au long des 120 minutes de la première partie et des 40 minutes de la troisième, j'ai remercié le destin de me permettre de savourer le moelleux de ce timbre, de déguster l'ampleur de cette voix, de m'émerveiller des magnifiques "decrescendos" absolument fabuleux, de me régaler des extraordinaires "pianissimos" de m'extasier des aigus si purs, si ronds... Chaque note du moindre récitatif est en place, la couleur ne se ternit jamais, vibrante du grave à l'aigu, du forte au son filé. Si la perfection existe, Anna Netrebko nous l'a démontrée en interprétant une Léonora incroyablement sublime ! Lorsque l'on a, comme moi - ô bien faiblement - tenté pendant longtemps d'émettre un son correct, on mesure la somme de travail qu'il faut, même si le don était là au départ, pour nous offrir un tel bonheur.

Il est indéniable qu'elle a dominé de son talent le reste du plateau, pourtant superbement pourvu.

Notamment :

  • le Don Carlo di Vargas de notre Ludovic Tézier avec son timbre toujours riche, sa belle ligne de chant et tout le talent qu'on lui connait.
  • Russell Thomas, ténor américain, a connu quelques difficultés pour imposer ses qualités, tant vocales que scéniques. Il m'a semblé qu'il passait, trop souvent, en force les moments critiques de la partition.
  • Elena Maximova, mezzo russe, a interprété avec toute la truculence souhaitée le rôle de Prezosilla. Sa voix, sans faiblesse, est dotée d'un timbre acide pas très agréable à mon oreille. Dommage...
  • À noter la très bonne prestation de Nicola Alalmo en Fra Melitone. Belle voix et excellente présence scénique.
  • Ferruccio Furlanetto nous a semblé bien fatigué dans ce rôle du Padre Guardiano...
  • Les forces du Choeur ont été impressionnantes, comme toujours.
  • Quelques décalages plateau/fosse sous la baguette de Jader Bignamini, jeune chef italien. Une direction sans grand relief, même dans la célèbre ouverture. Il m'a semblé également que l'orchestre avait déjà perdu l'excellence que lui avait laissé Jordan à son départ.
Une soirée qui prend place primordiale dans ma mémoire lyrique. J'ai goûté pleinement ce privilège d'entendre une des plus grandes soprano du moment - sinon la plus grande -, la meilleure selon moi actuellement. J'ai eu le bonheur, tout au long de ma longue carrière de lyricomane, d'en entendre certaines. Je n'ai pas le souvenir - mais peut-être s'est-il effacé - d'un tel moment de grâce.

jeudi 8 juillet 2021

Merci Maître Philippe Jordan !


 J'attendais un moment fabuleux. J'ai assisté à un fabuleux moment ! 

Cette soirée voyait à la fois mon retour dans une salle lyrique et le dernier "lever de baguette" de Philippe Jordan à l'Opéra de Paris. Le bien-aimé directeur musical de la "Grande Maison". Je me doutais que mon cœur vibrerait d'émotions multiples et contradictoires. Il fut secoué d'abord par l'immense joie de m'assoir dans cette salle - bien qu'elle ne soit pas, et de loin, mon temple lyrique préféré - de la voir se remplir peu à peu, d'en saisir l'effervescence un peu électrique d'avant-spectacle, d'entendre la harpe s'accorder sous les doigts du harpiste solo et de percevoir les sons diffus venus de la coulisse où d'autres accords s'harmonisaient. Je savourais cet instant dont "Gilets Jaunes", grèves et, finalement, pandémie m'avaient privée durant deux ans ! 

Puis les musiciens prirent place sous les applaudissements d'un public impatient. Enfin, le Maître entra, salué par une ovation nourrie. Pour cette première partie du concert, Philippe Jordan avait choisi la "Faust-Symphonie" de Franz Liszt, rarement jouée et, probablement, mal connue des français. Très mal connue de moi dans tous les cas. Et j'ai pris un plaisir énorme à découvrir les trois mouvements de cette œuvre.


L'orchestre y déploie une grande variété de couleurs et de sonorités puissantes que le Chef laisse se développer largement et qu'il maîtrise d'un geste pour que, l'instant d'après, le murmure léger des premiers violons nous apaise délicieusement. Dans le second mouvement, le hautbois est la vedette. Ses sonorités suaves sont tour à tour accompagnées par l'alto puis par le violoncelle... Presque une page de musique de chambre par moment avant une reprise du "tutti" 

Le troisième mouvement remet de la puissance, de la force, de grands élans flamboyants mêlent le chœur d'hommes, le ténor et les rythmes soutenus de tout l'orchestre. Cette œuvre met en valeur les couleurs, la maîtrise de l'ensemble, le soyeux des cordes et la belle sonorité des vents. De cette réunion de talents multiples, Jordan a fait une formation d'une grande qualité qui n'a pas grand chose à envier aux meilleurs orchestres dans le monde. C'est son plus grand mérite avec la clarté et la précision qui font de lui le grand chef qu'il est.

Je tiens ici à souligner la qualité d'écoute du public présent ce soir-là. Pas de gesticulation, pas d'ouverture de sac ni de soif à étancher inopinément pendant un pianissimo, pas de toux intempestive, même entre les mouvements. La tension et l'émotion étaient palpables.


Un magistral troisième acte de Parsifal nous a été offert ensuite. Le discours wagnérien s'est déployé dans toute sa grandeur dans la nef de Bastille. Les sonorités puissantes et profondes des cordes, le retour d'une saison fleurie aux sons d'une douceur infinie du hautbois et de la clarinette, un "Enchantement du Vendredi-Saint" plein d'une sérénité fascinante et magique. Le trio de chanteurs (Peter Mattei, René Pape et Andreas Schager) s'est magnifiquement coulé dans cette atmosphère paisible et rassurante. 



Plusieurs secondes d'un silence total ont prolongé l'extase avant que les premiers applaudissements hésitants ne résonnent. Ensuite, ce public a rendu un juste et chaleureux hommage à ce chef merveilleux qui a su bonifier à ce point les qualités de cet orchestre pendant les douze années de son mandat parisien. Il va retrouver l'excellence à Vienne où je lui souhaite une belle et bonne continuation de sa encore jeune carrière.

J'espère que la fougue et l'exubérance de son célèbre successeur - Gustavo Dudamel - n'altèreront pas la valeur de cette phalange de prestige. Mon opinion sur cette nomination oscille entre plaisir et crainte. La prochaine saison - je croise les doigts pour qu'elle se déroule normalement - verra dans quel sens penchera le plateau...

En attendant, MERCI MAITRE JORDAN et à très bientôt, nous l'espérons tous !

jeudi 15 novembre 2018

CARAVAGE à ROME

Pas question de laisser passer  l'exposition du Musée Jacquemart-André CARAVAGE à ROME - Amis et Ennemis, sans aller voir - ou revoir - les tableaux du Maître du clair-obscur. Qu'importe le thème, qu'importe la foule, que l'automne soit ou non radieux, l'obligation de m'y rendre s'est imposée comme une évidence dès son ouverture.

Je connais suffisamment l'Hôtel particulier du Boulevard Haussmann pour ne pas m'attendre - comme à Londres en 2005 - à voir les grands tableaux christiques, je n'ai donc pas été déçue par le nombre restreint (10) d’œuvres exposées ici. Et du coup, j'ai pu comparer les peintures des copistes, ces "caravagistes" qui ont bien senti que Caravage explorait un art nouveau, un style particulier "d'après nature" auquel ils vont s'essayer, de même qu'ils imiteront les effets de lumière et d'ombre si fascinants des tableaux du Maître. Mais je n'ai, personnellement, retrouvé dans aucun d'entre eux la puissance, la force percussive des tableaux de Caravage.

Et quand bien même n'y aurait-il que la dizaine de tableaux du peintre, dont la production n'est d'ailleurs pas énorme (une soixantaine d’œuvres), c'est une raison tout à fait suffisante pour s'y rendre. Car
  • voir - ou revoir - Judith décapitant Holopherne dans toute sa violence ensanglantée, le terrible
regard de la victime horrifiée, la beauté juvénile de Judith, si déterminée dans son action, et le visage raviné à l’œil haineux de la servante... La justesse du cadrage et des plans successifs... L'éclairage enfin, qui nous oblige, après l'agression que provoque sur le spectateur la pleine lumière de l'acte sanglant, à poser le regard plus loin...




  • voir - ou revoir - Le joueur de luth joufflu et attendrissant dans sa douceur enfantine, qu'on a envie d'embrasser, la beauté des instruments de musique et la partition au premier
    plan. Et puis, les fruits sur la table et le vase de fleurs si délicat...




  • voir - ou revoir - Saint-Jean-Baptiste au bélier, cet enfant rieur et bouclé dont le corps nu
    s'expose dans la grâce et l'entrain de sa jeunesse ingénue et sur lequel jouent la lumière et l'ombre










  • voir - ou revoir - Saint-Jérôme écrivant, ce magnifique vieillard à la calvitie luisante, le visage penché au-dessus du livre, le regard baissé, le bras droit tendu montrant les restes d'une
    musculature robuste. Au bout du bras, le crâne des vanités fait miroir à celui du Saint.






  • voir - ou revoir - La Madeleine en extase, la tête renversée, les yeux mi-clos, la bouche
    entrouverte, le cou et l'épaule dénudés, lumineusement portés au regard et les doigts croisés serrés en une supplique fervente

  • voir - ou revoir - Ecce Homo ou Le Christ devant Pilate, serein, calme, concentré après les
sévices, la délicate attention, attendrie, du personnage en arrière plan qui dépose avec douceur une couverture sur le dos supplicié. La jeunesse du Christ surprend ici quand on a en mémoire les corps robustes des futures représentations des tableaux à venir. Et que dire encore du terrible regard que nous jette le dignitaire, au premier plan, qui semble nous montrer qu'à l'évidence : Il n'est pas Dieu !






  • voir - ou revoir - La Cène à Emmaüs, où les mains et les visages parlent. A remarquer, pas les
  • yeux - on n'en voit aucun - mais l'interrogation, le scepticisme, le quant-à-soi, des hôtes et de la servante face à la sérénité de Celui qui bénit le pain et théâtralise ici la première Eucharistie de l'après Résurrection. Le tout dans un sublime éclairage !



Ce bonheur est immense ! Il est, pour moi, d'une grande importance de ne pas avoir raté cette occasion qui ne me sera, certainement, plus donnée de voir certains de ces tableaux, peut-être aucun d'entre eux... 

jeudi 25 janvier 2018

La Seine Musicale et ses embûches

Sur toutes les cartes, l'accès dans l’île Seguin est un parcours d'une grande facilité depuis la sortie du métro Pont de Sèvres . Seulement, la nuit, sous la pluie et en luttant contre le vent d'hiver, c'est à la fois risqué et parsemé de pièges !

D'abord, nous étions plusieurs à suivre un fléchage qui nous invitait à gravir les marches d'un escalier pour rejoindre la passerelle menant dans l'Île. Oui, mais voilà : une fois en haut, on tombe devant l'entrée d'un immeuble privé... et on redescend. On commence donc à longer, dans les débris des protections du chantier renversées par le vent, une route sur laquelle circulent des voitures. Et puis, il nous faut traverser cette chaussée et escalader les blocs de béton qui bordent l'entrée du chantier, tout ça en tenant son parapluie et en essayant de voir où on pose les pieds dans la gadoue ! Ensuite, on descend, on monte... un escalier encore qui nous mène sur la fameuse passerelle et, finalement sur l'Île. Les indications sommaires nous font décider de diriger nos pas vers le sas de barrières au bout duquel se profilent les silhouettes des fouilleurs de sacs. On ouvre nos réticules et nos manteaux, le faisceau des lampes de poche scrute et s'attarde sur le contenu de mon second sac. "- Y a quoi dedans ?" "- une bouteille..." "Ah, alors il faut enlever le bouchon !" 😮
Enfin libres, nous pénétrons dans le hall, sac et manteau ouverts, bouteille d'eau décapsulée dont on ne sait que faire, un planton vérifie nos billets et nous indique le vestiaire où il nous faut obligatoirement laisser notre parapluie, pour 1 €...

Ensuite, munis de vagues indications verbales et d'un fléchage approximatif, on fini par trouver l'accès à la salle et à entrer dans l'auditorium ! Le grand calme du lieu nous surprend un peu. Du coup, la pauvre jeune personne qui nous indique nos places reçoit les récriminations trop longtemps contenues de tous les arrivants ! Elle n'y peut rien, bien sûr, et elle a déjà fait remonter depuis l'ouverture du lieu, toutes les jérémiades exposées chaque fois. Elle est patiente et on finit par lui présenter nos excuses.


La salle, enfin ! Elle est belle, d'une taille qui me convient parfaitement - ni trop grande, ni trop petite - juste bien quoi ! Bois blond, tissu rouge sur le sièges, dentelle de bois au plafond du meilleur goût. Un bel auditorium au milieu de la piste duquel trôle le piano. 



Car nous sommes venus - peu nombreux il est vrai, à peu près un quart de salle - écouter le récital du jeune pianiste berlinois Martin Helmchen

Nous l'avions entendu accompagner une chanteuse dans des lieder et il nous avait fait grande impression. En lisant le programme, c'est la richesse et l'éclectisme qui nous impressionne.



Et durant presque deux heures, le jeune et chevelu pianiste va, sans s'arrêter plus de quelques secondes entre chaque morceau, nous déverser tout son talent au gré des partitions de Schumann (les 8 Novelettes) entre lesquelles s'intercalent celles de Clara Wieck, de Schönberg, Bach et Liszt, Messiaen et Chopin, Mendelssohn enfin pour terminer et dans les bis.




On y découvre toute la virtuosité, toute la palette de couleurs et d'émotion dont Martin Helmchen est capable. On se régale des Novelettes où son interprétation est radieuse et dans Liszt où il nous montre une belle capacité virtuose mais habitée et riche.






PROGRAMME :

Robert Schumann (1810-1856): Novelletten für Klavier op. 21  : I Markiert und kräftig

Clara Schumann-Wieck (1819-1896): Soirées musicales op. 6 für Klavier  : II Notturno. Andante con moto (F-Dur)

Robert Schumann (1810-1856): Novelletten für Klavier op. 21 : II Äußerst rasch und mit Bravour

Arnold Schönberg (1874-1951): 6 kleine Klavierstücke op. 19 (1911)  :
II Langsame Viertel
III Sehr langsame Viertel
IV Rasche, aber leichte Viertel
V Etwas rasche Achtel
VI Sehr langsame Viertel

Robert Schumann (1810-1856): Novelletten für Klavier op. 21  : III Leicht und mit Humor

Johann Sebastian Bach (1685-1750): Partita Nr. 4 D-Dur BWV 828  : Sarabande

Robert Schumann (1810-1856): Novelletten für Klavier op. 21  : IV Ballmäßig: Sehr munter

Franz Liszt (1811-1886) : Nuages gris S 199 für Klavier (1881) : Andante

Robert Schumann (1810-1856): Novelletten für Klavier op. 21 : V Rauschend und festlich

Olivier Messiaen (1908-1992): Vingt regards sur l´Enfant-Jésus (1944) für Klavier  : VIII Regard des Hauteurs

Robert Schumann (1810-1856): Novelletten für Klavier op. 21  : VI Sehr lebhaft mit vielem Humor

Frédéric Chopin (1810-1849): Walzer Nr. 3 a-Moll op. 34/2 "Grande Valse Brillante" : Lento

Robert Schumann (1810-1856): Novelletten für Klavier op. 21  : VII Äußerst rasch

Franz Liszt (1811-1886): ''Bagatelle ohne Tonart. Bagatelle sans tonalité'' (1885) S 216a für Klavier  : Scherzando

Robert Schumann (1810-1856): Novelletten für Klavier op. 21  : VIII Sehr lebhaft

Bis :
Robert Schumann : L'oiseau prophète
Felix Mendelssohn : Etude

En résumé, un beau récital de piano mais je ne peux que vous engager à attendre que les travaux soient terminés autour de l'Ile Seguin pour y aller entendre de la musique... ou au moins qu'il fasse meilleur et jour et que vous soyez en très bonne forme ! A noter que les taxis, à part la Sté G7, ne connaissent pas l'accès jusqu'à la salle... !