jeudi 26 février 2026

Cherche "Onéguine" désespérément...

 Il m'a fallu un peu de temps pour analyser mon sentiment lors de cette représentation d'Eugène Onéguine la semaine dernière à l'Opéra Garnier. Pourquoi cette insatisfaction ressentie, cette sensation d'inachevé... pouquoi n'ai-je pas ressenti d'émotion - ou si peu ?

L'œuvre de Tchaïkovski n'est pas en cause, je la connais bien. Son romantisme, ses envolées lyriques, son ancrage dans la culture russe ont tout pour me séduire. 

L'Orchestre et les Chœurs de l'Opéra National de Paris, sous la baguette de Case Scaglione, ont brillamment fait résonner cette partition colorée et vibrante.

Ralph Fiennes

Peut-être la mise en scène très (trop ?) sage de l'acteur britannique Ralph Fientes a-t-elle éteint en moi tout sens critique ? Dans le décor de bouleaux, de feuilles mortes, de flocons de neige et de salons rutilants, les protagonistes évoluent dans de très beaux costumes à la mode de l'époque. Il manque à tout cela l'idée, l'étincelle, le "ptit truc" qui aurait pu enflammer ce plateau.

Bogdan Volkov
De la distribution, on peut dire qu'elle est très homogène : pas des voix exceptionnelles qui vous secouent l'âme, tous les chanteurs sont bons, chantent bien, dans le style, mais rien ne se passe...  Sauf, peut-être à deux reprises : le "Kuda kuda" de Lensky et l'air de basse, typique de l'opéra russe, du Prince Grimine. Il est cependant difficile de rester de marbre à l'écoute de ces deux mélodies, sauf à être sabordées par les chanteurs. Le ténor Bogdan Volkov et la basse ukrainienne Alexander Tsymbalyuk les servirent avec talent.
Alexander Tsymbalyuk

La jeune soprano arménienne Ruzan Mantashyan se sort des pièges des vingt minutes de l'air dit "de la lettre", sans toutefois le rendre aussi exaltant que je l'aurais souhaité. Elle incarne cependant une Tatiana à la fois attachante et déchirante. Belle voix qui s'écoute avec plaisir.

Ruzan Mantashyan

Reste le rôle titre... je ne suis, vraisemblablement, pas la seule à ne savoir qu'en dire car il n'apparaît carrément pas dans plusieurs critiques, spécialisées dans le genre, lues et relues pour être certaine de n'avoir rien loupé !

Boris Pinkhasovich

D'ailleurs, à l'applaudimètre, Boris Pinkhasovich est le moins bien servi. Il faut dire que sa froideur, son manque d'incarnation, son interprétation vocale sans relief le rendent transparent. Il est tout de même affligeant que le metteur en scène - lui-même interprète du rôle au théâtre - n'ait pas réussi à transmettre au chanteur toute l'essence de ce rôle !

Une représentation qui ne me laissera donc que peu de souvenirs.




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