dimanche 14 décembre 2014

TCE - 11 Décembre - Récital Olga Peretyatko et Dmitry Korchak

Parlons tout d'abord de l'orchestre, comme ça ce sera fait !

L'Orchestre de chambre de Paris est une petite formation qui se place, au gré des invitations et des concerts, sous la baguette de différents chefs d'orchestre. Cela explique peut-être son manque de professionnalisme. Jeudi soir, sous la direction de Manuel Lopez-Gomez, sa prestation releva davantage de la fanfare que de l'accompagnement bel-cantiste.

Pour ce qui est des chanteurs, Paris accueillait pour la première fois (enfin pas tout à fait puisqu'elle fut sur le podium du 14 juillet dernier à la Tour Eiffel) cette toute jeune soprano russe, Olga Peretyatko. Joli minoi, tempérament et belle silhouette que trois robes, bien différentes, ont habillée (la première étant la seule élégante).

Son compatriote, le ténor Dmitry Korchak, s'est déjà produit à Paris (Les Puritains à l'Opéra Bastille). Jeune également, il a un côté "alagnien" dans l'allure. Mais pas dans la voix...
Olga Peretyatko               Dmitry Korchak 
Pour ne pas détailler le programme, un peu touffu, de cette soirée, je résumerais ainsi la soirée :

- Le récital a débuté par des extraits de Don Giovanni de Mozart. Olga Peretyatko a chanté son air de Dona Anna avec beaucoup de nuances, une grande tenue du souffle et une grande sûreté dans les aigus, à défaut d'un style purement mozartien.
La soprano possède, avant toute chose une technique vocale déjà très aboutie sur laquelle elle va pouvoir appuyer l'évolution de sa voix. Son timbre est très agréable et elle a de grandes facilités dans les aigus ainsi qu'une agilité déconcertante et un souffle confondant dans les vocalises.
On peut espérer que la voix prenne du volume car, actuellement, c'est parfois un peu juste. Il est vrai que l'orchestre sonnait comme une fanfare...
D'autre part, si l'on excepte "La Villanelle" (J'ai vu passer l'hirondelle...), qui mit ses qualités en avant sans nécessité d'exprimer davantage qu'une mélodie gracieuse, Olga Peretyatko a beaucoup minaudé mais sans convaincre véribablement. Peut-être est-elle plus à l'aise dans les productions scéniques qu'en récital ?
Ce qui est certain, c'est que vu sa jeunesse, ses qualités vont s'épanouir et que la marge de progression est encore très importante. Après tout, lorsque j'ai entendu La Netrebko pour la première fois dans ce même théâtre, je n'ai pas été subjuguée ! Et maintenant, je le suis...

- Débutant, lui aussi, par Don Giovanni (air de Don Ottavio), son timbre très ingrat, malmenant la ligne de chant, il s'avère ne pas être, lui non plus un chanteur mozartien.
C'est un ténor vaillant dont le timbre très cuivré hérisse mes oreilles.
Sa technique vocale est déplorable ; il chante tout en force, la ligne de chant est heurtée, le vibrato pas toujours bien contrôlé. Ses aigus sont tous poussés, toujours "sur le fil" et on souffre avec lui.
Je crains qu'à malmener ainsi ses cordes vocales, ce chanteur ne fasse, malheureusement, pas une longue carrière. J'espère me tromper... (pour une fois !).

La salle, aux trois-quarts pleine, a manifesté son enthousiasme, même après les piètres extraits orchestraux... Indiscipliné aussi, ce public applaudissait tout pareil et souvent avant la fin des morceaux !

Globalement une bonne soirée qui ne marquera pas mes souvenirs de lyricomane.

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